Franco Lolli : « Sans ce prix, tout aurait été différent »

Le réalisateur colombien, lauréat du festival en 2008, nous dévoile sa vision du court.

En 2008, vous remportez le Grand Prix du festival du court métrage de Clermont-Ferrand avec Como todo el mundo, votre film de fin d’études. 10 ans et 3 films plus tard, c’est parmi le jury de la 40e édition du célèbre festival que l’on a pu vous retrouver. Ce prix a-t-il été un tremplin pour votre carrière ?

Absolument. Le festival de Clermont est un événement majeur, qui réunit une grande partie de la profession. J’ai pu gagner en visibilité et m’immerger complètement dans le milieu du cinéma. J’ai commencé à être approché par des producteurs et le financement de mes films a été plus facile. sans ce prix, tout aurait été différent. Après, le festival, c’est aussi une connexion avec le public. J’ai eu la chance d’assister à la projection de mon film, c’était génial mais aussi extrêmement émouvant. C’était la première fois que mon film était vu par autant de personnes, presque 6000. Il y a des longs métrages qui n’arrivent pas à toucher autant de monde. 

Votre dernier film, Gente de bien, qui a entre autre été présenté à la semaine de la critique à Cannes en 2014, était un long métrage. En avez-vous fini avec le court ? 

J’ai toujours voulu faire du long-métrage. Quand j’ai commencé à faire du cinéma, c’est ce que j’avais en tête. Le format court a été pour moi l’occasion de m’exercer, un tremplin, quand je n’étais pas encore prêt à raconter des choses dans des formats aussi longs qu’un film. En littérature, il y a des nouvelles et des romans, des histoires plus courtes que d’autres. Au cinéma, c’est la même chose. Pour l’instant, les films qui me viennent en tête sont des longs. Mais j’ai toujours un attachement pour le court-métrage, je continue d’en voir bien sûr, et d’en produire aussi. Le court auquel nous avons remis le Grand Prix lors de la dernière édition du festival était une pure merveille, d’une qualité de réalisation bien supérieure à la plupart des longs que l’on peut voir aujourd’hui. 

On distingue facilement une ligne directrice dans votre filmographie : l’autobiographie. Est-ce important pour vous de mettre une part de vous-même dans vos oeuvres ?

C’est essentiel de mettre un peu de soi-même dans un film, de parler de ce que l’on connaît. Quand je commence à écrire, ce qui sort, ce sont des choses qui me touchent personnellement, je le fais un peu malgré moi. J’ai fini par comprendre que j’étais plus doué pour raconter ce genre de choses. Ca peut paraitre plus simple, mais plus on est proche de son sujet, moins on a du recul. C’est à double tranchant, un défaut et une qualité dans mon cinéma. 

Emma Coffy.

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